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Ameegah, les épreuves de la vie… et du School Certificate

À 17 ans, Ameegah Paul n’est pas de ceux qui s’apitoient sur leur sort. Atteinte d’une malformation congénitale à la main droite et à la jambe droite – plus courte que la gauche – cette jeune collégienne a su s’adapter tout en gardant le sourire. «Ça va… Je suis devenue gauchère par la force des choses», dit-elle.

L’adolescente explique qu’elle a toujours refusé de laisser son handicap faire obstacle à sa vie. Dès le primaire, elle a d’excellents résultats. Mais en raison de son handicap, elle n’a pas été admise dans un collège d’État. «Les infrastructures n’étaient pas adaptées à l’époque. Donc, j’ai été refusée.» Ses parents l’inscrivent alors dans un collège privé, Keats College, à Chemin-Grenier.

Pour le SC, elle ne choisit pas les matières les plus faciles, mais plutôt celles qui la passionnent – l’agriculture, la comptabilité, le commerce et la littérature. Sans compter les matières obligatoires. L’année scolaire n’aura décidément pas été de tout repos.

«L’agriculture comprend beaucoup de cours pratiques où les exercices consistent à planter et à arroser. Je n’y arrivais pas toute seule. Mais mes amis m’ont beaucoup aidée, surtout avec l’arrosage», lâche Ameegah. Toutefois, les obstacles ne surgissent pas uniquement au jardin ! «En comptabilité, par exemple, il faut tout le temps faire des marges. Je devais toujours compter sur quelqu’un pour cela.»

D’ailleurs, malgré toute sa bonne volonté, son handicap se révèle être un désavantage pendant les épreuves finales du SC en mathématiques. «Je connaissais les réponses… Mais comme il fallait faire des dessins, j’étais incapable de le faire. J’ai mis les bouchées doubles sur d’autres problèmes à résoudre afin d’obtenir la moyenne dans cette matière

Si la jeune fille a eu suffisamment de temps pour terminer les épreuves, elle se dit que les choses auraient été différentes si elle avait obtenu l’aide des surveillants. Toutefois, pour cela, il y avait d’autres démarches à entreprendre ; ce qu’elle ignorait. Qu’à cela ne tienne, Ameegah a fait de son mieux.

Qu’attend-elle cette semaine ? Sans sourciller, elle répond qu’elle s’attend à 10 unités, voire moins. De quoi lui permettre d’entamer le Higher School Certificate sans problème. Mais la réalité est toute autre : elle sait que ses parents n’ont pas les moyens et qu’il lui faut aider à faire bouillir la marmite.

L’adolescente, du reste, s’est fait une raison. «Je vais trouver des cours, puis aller travailler», confie-t-elle, s’empressant de rajouter que ce choix n’est pas le sien : «À 65 ans, mon père ne peut plus travailler encore longtemps.»

En ce moment, le sexagénaire enchaîne les petits boulots car sa santé est fragile. Atteint de diabète et d’hypertension, il a perdu la vue durant cinq mois pendant qu’Ameegah passait les épreuves du SC, ce qui n’a pas arrangé les choses

Sa mère, femme au foyer, ne peut travailler car elle est la seule à s’occuper de la maison et de sa fille. «Tous ces problèmes font qu’il est temps que je me mette au travail car nos revenus sont limités. Mes parents m’ont soutenue jusqu’ici et il est temps qu’ils se reposent», soupire-t-elle. Si cela ne tenait qu’à elle, elle choisirait la filière de la comptabilité

Sa vie a beau être truffée d’obstacles, Ameegah a décidé de vivre comme les ados de son âge. Elle a ses amis et trouve même du temps pour les autres. Tous les weekends, elle se fait un devoir d’aller aider les sœurs du couvent de Mère Teresa à organiser le déjeuner hebdomadaire pour les personnes âgées. Nous lui avons donné rendez-vous dimanche prochain pour parler de ses résultats…

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