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Aujourd’hui âgée de 17 ans, Émilie, née d’un père suisse et d’une mère mauricienne, affirme avoir été sexuellement agressée par le cousin de sa mère en 2010 à Maurice. La famille veut obtenir justice, mais déplore le manque de réactions des autorités locales.

Ils font le va-et-vient entre la Suisse et Maurice. Cela depuis que leur fille leur a révélé qu’elle a été violée par le cousin de sa mère alors qu’elle avait 11 ans. Déterminés à obtenir justice, ils sont arrivés au pays en décembre 2016, mais doivent rentrer en Suisse le 28 février. Les obstacles, eux, semblent se multiplier dans leur quête.

Cette affaire remonte à 2010. Émilie (prénom modifié), 17 ans aujourd’hui, en a 11. Fille unique d’un père suisse et d’une mère mauricienne, elle n’en était pas à sa première visite  ici.
Il s’agit cette fois d’un long séjour, puisqu’ils avaient prévu de passer six mois dans l’île. La jeune fille est admise dans un établissement scolaire mauricien. « Nous avions loué un bungalow à Flic-en-Flac, mais nous passions également beaucoup de temps avec mes proches », explique la mère.

Mais, en mai 2010, le cousin de la mère, qui avait lui 30 ans, aurait violé la jeune fille. « À chaque fois que nous venions à Maurice, il s’occupait bien de ma fille. Quand elle avait neuf mois, c’est lui qui lui donnait le biberon. Quand il a proposé de récupérer ma fille à l’école, j’ai accepté, car je n’avais aucune raison de douter de lui », dit la mère. « Je ne savais pas que j’avais affaire à un prédateur, il a bien caché son jeu. C’est à Curepipe dans une maison en construction qu’il est passé à l’acte », affirme la mère en pleurs. « Elle n’avait que 11 ans, c’était une gamine. Comment peut-on avoir des relations sexuelles avec une enfant aussi fragile ? »

Émilie n’aurait rien dévoilé après cette agression. Cependant, de retour chez elle, elle se renferme sur elle-même. « Son comportement a subitement changé. Elle ne nous parlait presque plus, ses notes avaient chuté. Elle a fait plusieurs fugues et des tentatives de suicide.

Elle a même dû être hospitalisée pendant 15 jours dans un établissement psychiatrique pour enfants », explique la mère. « D’ailleurs, ajoute-t-elle, c’est après une de ses fugues qu’elle a finalement expliqué ce qui la hantait depuis tout ce temps. Elle a gardé le silence et ce silence a fini par la briser. Aujourd’hui, elle n’est plus la même et bien sûr, en tant que parents, nous nous sentons coupables de ne pas avoir pu la protéger et de ne pas avoir décelé qu’il y avait un problème très grave. »

Sous le choc

Les parents sont sous le choc : « Nous avons appris que le cousin n’en était pas à sa première fois. Il avait déjà été condamné dans le passé pour le même délit. » La police de Canton du Valais où habite la famille se saisit alors de l’affaire et envoie un dossier aux autorités mauriciennes à travers l’ambassade suisse qui se trouve en Afrique du Sud. Le père, documents à l’appui, affirme que malgré de nombreuses relances, ils n’ont reçu aucune réponse à ce jour : « Nous ne comprenons pas pourquoi les autorités mauriciennes ne réagissent pas. »

Dans une lettre datée du 2 août 2016, un haut responsable de l’ambassade suisse en Afrique du Sud écrit : « Me référant à votre lettre du 15 juillet 2016, je vous informe avoir sollicité ce jour le soutien du Chef du protocole du MAE à Port-Louis, M.R Sookur, ceci en vue d’obtenir une réponse à la Commission rogatoire du 4 avril 2014 par le Ministère public du Canton du Valais. Je ne manquerai pas de vous informer si ce dernier est en mesure d’obtenir des autorités judiciaires mauriciennes une collaboration accrue ainsi qu’une réponse à votre demande. Vu le manque de coopération des autorités, il est probable que seule une intervention ciblée permettait d’atteindre un résultat concret. »

Devant l’absence d’une réponse concrète, la famille décide de venir à Maurice : « On ne peut plus rester chez nous à attendre. On ne peut plus voir notre enfant dans cet état. C’est un récidiviste, il doit payer pour ce qu’il a fait. Peut-être qu’il y a d’autres victimes. Notre enfant sombre tous les jours un peu plus et malgré le soutien psychologique, elle n’arrive pas à avoir une vie normale. C’est insupportable pour nous d’entendre son enfant dire ‘Je veux mourir’ », explique le père.

Ils ont consigné une déposition à la police en décembre. « On nous dit qu’une nouvelle enquête démarre. C’est inacceptable. On ne peut pas démarrer une nouvelle enquête maintenant alors que nous nous battons depuis des années pour réclamer justice. Nous voulons savoir où est le dossier envoyé par les autorités suisses au département judiciaire mauricien. Nous voulons comprendre pourquoi il n’y a pas eu de réponse. »

Ils ont prévu d’écrire plusieurs lettres aux autorités mauriciennes, au Premier ministre, à la ministre de l’Égalité des genres, au DPP. Ils se rendront cette semaine à la Child Development Unit, au bureau de l’Ombudsperson et à l’association Pedostop.

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