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Trafik Eroinn: Polisie Henry Joly “Pena Pou Gengn Oken Traka, Ladrog-la Pou Rantre 200%”

Henry Joly, affecté à la brigade antidrogue, aurait montré aux membres du réseau de drogue de l’affaire Hurreechurn comment ranger de l’héroïne dans une valise pour ne pas se faire prendre. C’est ce qu’affirme l’homme d’affaires Kamlesh Radha qui a identifié le constable arrêté mercredi.

Qui est Henry Joly ? Pourquoi ce policier, affecté à l’unité de l’Alpha 1 de l’Anti-Drug and Smuggling Unit (Adsu) de Port-Louis, a-t-il été arrêté mercredi après-midi alors qu’il était en service ? Le constable a été identifié, au quartier général de la brigade antidrogue, par l’homme d’affaires Kamlesh Radha comme faisant partie du réseau de trafic de drogue que l’Adsu tente de démanteler. Le « dénonciateur » affirme qu’il a plusieurs fois rencontré le policier, en présence d’Ashish Dayal et de Westley Jasmin, alias Coco.

D’ailleurs, l’homme d’affaires, qui a avoué avoir agi comme bailleur de fonds, soutient que Henry Joly aurait, lors d’une de ces rencontres, fait la déclaration suivante : « Pena pou gagn okenn traka, ladrog pou rantre 200 %. » En présence de son homme de loi, Me Chetan Baboolall, Kamlesh Radha, qui habite Solferino, a ajouté qu’un jour, Henry Joly leur a présenté une valise, en leur montrant comment il fallait s’y prendre pour ranger l’héroïne sans éveiller les soupçons.

Ce n’est pas tout. Le constable Joly, qui habite le Domaine du Moulin à Goodlands, aurait agi comme taupe en fournissant aux membres du réseau de drogue des informations sur les allées et venues ainsi que sur les horaires de travail de certains membres de l’Adsu. Avec ces données, les présumés trafiquants pensaient pouvoir mener à bien leur business.

Or, le 25 octobre dernier, le constable Arvind Hurreechurn a été pris dans les filets de la brigade antidrogue. Après le décès du policier en cellule (voir hors-texte), les limiers de l’Adsu ont poursuivi leur enquête pour remonter la filière. Leur démarche a abouti à l’arrestation de l’homme d’affaires Kamlesh Radha, d’Ashish Dayal, d’Henry Joly et de Westley Jasmin. Il nous revient que d’autres développements sont attendues dans cette affaire.

Onde de choc au quartier général de l’Adsu

L’arrestation du constable Henry Joly, affecté à l’unité de l’Alpha 1 de l’Adsu a eu l’effet d’une bombe à la brigade antidrogue. Cet incident semble avoir écorné la confiance de certains limiers, à en croire un responsable d’équipe. « Nous sommes démoralisés. On ne sait plus à qui faire confiance et qui emmener avec nous pour des perquisitions », lâche le responsable. Car, en effet, Henry Joly a participé à plusieurs opérations dans la lutte antidrogue. « Son arrestation démontre que nul n’est au dessus de la loi. Si un membre de l’Adsu a fauté, on prend des actions », poursuit-on au sein de la brigade antidrogue.

Me Chetan Baboolall : « Mon client a exprimé ses regrets »
Me Chetan Baboolall est l’avocat de Kamlesh Radha. L’homme de loi affirme que son client collabore pleinement avec les enquêteurs. « Il s’est laissé berner et il a exprimé des regrets. Nous avons confiance en la justice », confie-t-il.

Me Neil Pillay : « Henry Joly n’a rien à se reprocher »
Henry Joly a retenu les services de Me Neil Pillay. L’avocat indique que son client « n’a rien à se reprocher. Son moral est fort. Il a l’air confiant ».

Westley Jasmin, le « contracter »
Westley Jasmin, connu sous le nom de « contracter », a été arrêté jeudi. Cet habitant de Cité Briquetterie, Sainte-Croix, est soupçonné d’être celui qui était chargé de recruter des policiers pour aller récupérer de la drogue à Madagascar. Avec l’aide du constable Henry Joly, il ciblait des policiers éprouvant des difficultés financières. Westley Jasmin a été identifié par Kamlesh Radha comme faisant partie du réseau. Il avait été arrêté dans le cadre de l’affaire Denis Fine.

Arvind Hurreechurn, le policier retrouvé mort
Arvind Hurreechurn a été arrêté à l’aéroport de Plaisance à sa descente d’avion, en provenance de Madagascar, avec deux kilos d’héroïne dans ses valises. La valeur marchande est estimée à Rs 35 millions. Ce policier, soupçonné de faire partie du réseau de drogue, a été retrouvé mort dans sa cellule du Moka Detention Centre le 28 octobre. serait donné la mort par pendaison.

Ashish Dayal, l’homme derrière la chute du réseau Gro Derek

Après avoir obtenu l’immunité dans l’affaire Gro Derek, voilà qu’Ashish Dayal est de nouveau arrêté. Cette fois, le chauffeur de taxi est soupçonné d’être le cerveau de l’affaire Hurreechurn. L’homme d’affaires Kamlesh Radha soutient que c’est  par le truchement d’Ashish Dayal qu’il a intégré le réseau l’année dernière.

« Li mem servo. Li organiz tou, li fer vini », dit-on au quartier général de la brigade antidrogue. D’aucuns affirment que sa proximité avec certains officiers de l’Adsu l’aurait aidé dans sa combine. Il semblerait également qu’il ait un carnet d’adresses bien rempli, contenant les noms de fournisseurs d’héroïne en Ouganda et dans d’autres pays africains. Le train de vie que mène Ashish Dayal interpelle plus d’un. À tel point que certains le soupçonnent d’être aujourd’hui devenu le successeur de Gro Derek.

Le chauffeur de taxi avait été arrêté, le 12 juillet 2012 dans le cadre de l’affaire Gro Derek, avec sept kilos d’héroïne dans un bungalow à Péreybère. Interrogé par l’Adsu de Plaine-Verte dirigée alors par l’inspecteur Assad Rujub, il a fait le grand déballage, provoquant la chute du réseau Gro Derek. En contrepartie, Ashish Dayal a bénéficié de l’immunité.

Après ses révélations, plusieurs membres présumés de ce réseau avait été interpellés par la police, dont Bruno Westley Casimir, l’imam Moossa Beehary, l’ex-steward du Mauritius Trochetia Hayesan Madarbacus, l’homme d’affaires Sujeet Balkissur, Ronny Hemraj, Jimmy Colosso et Désiré Azie. Dans le cadre de ce trafic, Ashish Dayal était chargé de se rendre en mer pour récupérer de la drogue avant de la transporter dans un bungalow à Péreybère pour y être stockée et ensuite livrée.

Kamlesh Radha, le bailleur de fonds

Kamlesh Radha, âgé de 27 ans, était connu comme un homme sans histoires… jusqu’au 2 janvier. Ce jour-là, il reçoit la visite de membres de l’Adsu de Curepipe, qui le soupçonnent d’être mêlé à un trafic de drogue. Les limiers saisissent alors six grammes d’héroïne et  Rs 499 200 chez cet habitant de Solferino, Vacoas, qui travaille à son compte et est engagé dans le secteur agricole et celui du transport.  Pressé de questions, le jeune homme dit détenir des informations sur l’affaire Hurreechurn.

Il raconte avoir fait la connaissance d’Ashish Dayal l’an dernier. Les deux hommes se lient d’amitié. Ashish Dayal lui aurait, par la suite, proposé d’investir dans l’achat d’héroïne. Kamlesh Radha aurait accepté. Dans un premier temps, il aurait déboursé un demi-million de roupies.  L’homme d’affaires a avoué qu’il savait qu’Arvind Hurreechurn se trouvait à Madagascar pour récuperer de l’héroïne. Kamlesh Radha a identifié, à tour de rôle, Ashish Dayal, Henry Joly et Westley Jasmin comme des membres du réseau.

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